Éducation à la dure
Certains instituteurs formés dans les écoles normales allemandes après 1871, appliquaient avec toute leur rigueur les principes pédagogiques prussiens.
L’éducation de l’enfant était à comparer avec le dressage d’un chien.
Chaque réponse fausse ou absence de réponse était gratifiée d’un coup de trique.
Cette méthode avait également son côté positif, le maintien de la discipline dans les classes très souvent surchargées.
Ces instituteurs étaient fiers d’avoir des classes où l’on entendait voler une mouche, mais souvent, ils ne se rendaient pas compte que leur brutalité ne servait qu’à abrutir les élèves.
Dans la rue, les élèves étaient soumis à la même discipline et gare à celui qui ne saluait pas son maître.
Quand les élèves voyaient de loin leur maître dans la rue, ils se cachaient de peur de commettre un geste qui pouvait lui déplaire.
En général, le lendemain c’était le châtiment.
Dans plusieurs villages, des garçons souffraient de surdité, séquelle de la « Prugelpädaqoqik ».
On rapporte de Pfetterhouse qu’un certain instituteur rossait certain jours toute sa classe et quand il avait mouillé sa chemise de sueur, il montait dans son logement pour se changer, puis redescendait pour continuer la distribution de baguette.
Les élèves humiliés ne manquaient aucune occasion pour se venger.
Comme l’eau courante n’était pas encore installée dans le village, à cette époque là, on avait branché sur la conduite alimentant les fontaines publiques, un tuyau aboutissant à la cave de la mairie.
Chaque jour, deux élèves étaient de corvée et devaient monter plusieurs seaux d’eau dans l’appartement du maître.
L’un d’eux éprouvait alors un besoin urgent et n’hésitait pas à promouvoir le seau d’eau à la dignité de pot de chambre.
L’instituteur ne renifla jamais la délicate attention dont il était l’objet. 


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