L’imposteur comme curé
Les paroissiens de Magstatt-le-Haut et de Koetzingue furent les victimes, vers les années 1812-1813 d’un imposteur qui utilisait les papiers d’un ecclésiastique assassiné durant la révolution et nommé Père Lambert.
Il effectuait dans les deux paroisses, les fonctions de curé, disait la messe, confessait les paroissiens, etc…
De temps à autre, certains paroissiens avaient des doutes vu que le comportement assez bizarre du Père Lambert.
Un jour, lorsqu’une paysanne de Magstatt-le-Haut eut beaucoup de mal à guider les bêtes vers l’abreuvoir, elle poussa des jurons.
Le Père Lambert lui dit :
- « Chàtrinle, sakràmentier nit so ! » ( Catherine, ne jure pas ! )
- « Kumm dü ebbà un sakràmendier nit ? » fut la réponse de la paysanne méfiante. » - ( Viens dire que tu ne jures pas ? )
A un citoyen du même village, des fagots furent défaits dans la forêt.
Le curé lui dit :
- « Donnes-moi un schnaps et je te dirai qui a ouvert les fagots ». Lorsque le « curé » toujours assoiffé, eut avalé son deuxième schnaps, il dit :
- « C’est s’Speichers Schneider et s’Michels Roter qui ont ouvert tes fagots, ils me l’ont confessé ».
Pour la fête patronale de Folgensbourg, on était à la recherche d’un prédicateur.
Lambert offrit ses services.
Avant la messe, il demanda une bouteille de vin.
Très malin et ayant la parole facile, il demanda le nom du Saint, patron de la paroisse, avant de monter en chaire.
Son sermon commença ainsi :
- « Hier ist nichts, dort ist nichts, aus nichts hat Gott die Welt erschaffen ». ( Ici il n’y a rien, là-bas il n’y a rien, avec rien Dieu créa le monde .)
Son sermon fut un succès.
Emporté dans son ivresse il sut fasciner les paroissiens par des paroles très touchantes.
Pas un œil ne restait sec…
L’instituteur et sacristain, Jean Scherrer, un chrétien consciencieux, suivit de très près les cérémonies et fut assez surpris que les prescriptions liturgiques n’étaient pas respectées.
Il commença à douter du curé et lui en parlant franchement.
Celui-ci eût une telle colère qu’il se jeta sur l’instituteur pour essayer de l’étrangler.
Cet incident fut rapporté au curé cantonal qui lui, avertit l’évêque.
L’imposteur était le fils d’un instituteur badois. Il se nommait de son vrai nom Andréas Dürbeck.
Il fut condamné à plusieurs années de prison et enfermé à Ensisheim.
Ce scandale eût des suites. Tous les paroissiens qui s’étaient confessés à Lambert, durent renouveler leurs confessions.
Il fallut aussi légaliser les 23 baptêmes et les mariages.
Là, un homme en profita et refusa de reconnaître légalement son épouse.


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