Quatre flèches de trop
Connu pour son langage direct et parfois cru, le curé Rimelin était aussi intransigeant avec ses vicaires et ne tolérait pas qu’un dépasse 20 à 25 minutes pour le sermon.
Si cela arrivait, il se levait et allait à l’autel pour continuer à dire sa messe sans se soucier du prédicateur.
Un dimanche, entouré de la plupart des curés mulhousiens et des environs, il assistait à la fête patronale au Cénacle, rue de Bâle.
A cette occasion, un de ses collègues, naïf et avec une élocution difficile, rappela dans une homélie la vie et le martyr de Saint Sébastien : « Sept flèches devaient atteindre Saint Sébastien…la première flèche…le toucha…au bras gauche…, la deuxième flèche…le toucha… au bras droit… »
Bouillonnant d’impatience et n’y tenait plus, le curé Rimelin intervint à voix haute, intelligible et sentencieuse devant l’auditoire médusé :
- « La troisième flèche atteint Saint Sébastien en plein cervelle, le tuant net et clouant ainsi le bec à ce c.. qui nous débite de façon si minable et si ennuyeuse ! »


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