Un officiel n’est pas soupçonné !
A la fin du siècle dernier, Pfetterhouse a profité de sa situation géographique, à la rencontre de trois pays ; la France, la Suisse et l’Allemagne, pour lancer l’industrie de l’horlogerie.
Toutes les pièces entrant la composition des montres n’étaient pas fabriquées sur place.
Les pièces importées revenaient assez chères et certains horlogers essayaient de soustraire la marchandise importée aux droits douaniers en recrutant un ou plusieurs contrebandiers.
Ces derniers inventaient toutes sortes de ruses pour déjouer la perspicacité des douaniers.
Lors de l’inauguration du tronçon de chemin de fer international Pfetterhouse Bonfol, le 27 octobre 1910, le train inaugural venant de Dannemarie entra en gare de Pfetterhouse vers 11 heures du matin. La délégation allemande descendit et le convoi alla chercher la délégation suisse à Bonfol.
Au retour, lorsque les notables helvétiques descendirent sous les applaudissements du public, certains habitants de Pfetterhouse présents à la cérémonie eurent la surprise de reconnaître sous les traits d’un personnage habillé plus élégamment encore que les autres officiels, l’un des plus fameux contrebandiers du village.
Ganté en blanc, vêtu du frac et coiffé d’un chapeau « Gibus », un monocle à l’œil et une sacoche bourrée d’accessoires de montres sous le bras, il descendit du train avec un calme exemplaire.
Les douaniers étaient au garde-à-vous et avant qu’ils aient eu le temps de réaliser, « l’officiel contrebandier » avait disparut dans la foule.


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