Les apparences sont parfois trompeuses
Etait-ce pour éviter le gaspillage ou parce qu’il n’y avait rien d’autre à mettre sur le dos, que l’on habillait certains de nos réservistes mobilisés en 1939, d’un uniforme hétéroclite ?
L’un d’eux cantonné à Knoeringue et originaire de Grentzingen, voulut rendre une petite visite à sa famille.
« Ce n’est pas cet après-midi que les Allemands veulent attaquer se disait-il. Une petite affaire de trois heures ; une petite demi heure pour y aller à bicyclette, un peu plus pour y retourner, le temps de prendre des nouvelles des siens et le tour sera joué. »
Il "empruntait" un vieux vélo d’un habitant de Knoeringue, évacué à Lacquy dans les Landes et prenait des chemins de campagne pour arriver via Steinsoultz à Waldighoffen.
En haut de la rue de Bâle, il fut interpellé par une sentinelle. Sa tenue composée d’une vareuse kaki et d’un pantalon bleu avec des bandes molletières type 1914-18, intriguait la sentinelle.
N’étant n’y en possession d’une permission, ni d’un laissez-passer et en plus, il s’expliquait très mal dans la langue de son interpellateur.
Trouvant cet individu trop louche, la sentinelle appela son chef qui, après un court entretien, lâcha le mot « espion », « C’est un espion allemand ! »
En peu de temps le malheureux fut entouré d’autre militaires et tout en gesticulant et parlant le français "de la main gauche", il n’arriva pas à les persuader qu’il était lui aussi, un soldat français.
Lorsqu’il fut conduit auprès du commandant du cantonnement, les enfants du quartier le suivirent et rapidement beaucoup de curieux vinrent voir cet "agent du IIIe Reich".
Un habitant servait d’interprète à l’officier qui eut vite éclairci ce malentendu.
Après avoir téléphoné à la mairie de son lieu, il fut certifié que l’intéressé était bel et bien un citoyen mobilisé qui voulait rendre sa première visite à sa famille, l’officier ordonna qu’il soit reconduit à son unité stationné à Knoeringue.


Google Bookmarks
Yahoo Bookmarks
Twitter
MySpace
Digg
Facebook
Del.icio.us

