Toni, le porcher
Comme la plupart des villages du Sundgau, Heimersdorf avait, jusqu’en 1914, son porcher.
Parmi tous ceux qui occupaient ce poste, le « Säitoni » était le plus drôle.
Il commandait son troupeau comme une armée. N’avait-il pas effectué deux fois sept ans de service militaire pour le compte de deux citoyens.
Donc à son retour, il se présenta auprès du maire en compagnie
du « Schäferklaüs », le berger, pour demander du travail.
Le maire lui répondit : « Arbet han i kenni, aber wenn de d’Säi hiete wit, kasch Säi hiete ! » ( Du travail, je n’en ai pas, mais si tu veux garder les cochons, tu peux garder les cochons ! )
Le maire eut à peine prononcé ces paroles que le « Schäferklaüs » vexé lui administra, sans mot dire, deux gifles.
En quittant le maire il dit à Toni : « Gàll, hasch g’seh wie ni g’red ha met’m, hoffentlig het’rs verstange ! » ( Hein, tu as vu comment je lui ai parlé, j’espère qu’il a compris ! ).
Mais Toni est revenu et avait accepté la fonction de porcher et les paysans du village furent contents de ses services.


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