Une bonne leçon
Seppi (pour ne pas le nommer) travaillait à la SNCF. Il s’est marié très tard et le ménage était resté sans enfants. Il était devenu propriétaire d’une petite maison entourée d’un grand potager.
Son épouse se rendait, deux fois par semaine, au marché de Mulhouse pour y vendre fruits et légumes. Elle tenait également les cordons de la bourse, son mari devait lui remettre sa paie, sur laquelle elle lui accordait son argent de poche.
De caractère autoritaire, elle traitait son mari presque comme un esclave, le rabrouant à tous propos. Elle l’avait déjà giflé.
Le pauvre n’en pouvant plus, voulait divorcer. Il alla trouver l’avocat Moser qu’il connaissait bien, mais ce dernier essaya de le dissuader et lui conseilla de faire preuve d’autorité et ce, dès le retour.
- « Mais comment ? » dit-il. « Ma femme passera son après-midi à jardiner, vers dix sept heures, elle aura prit son casse-croûte et, comme d’habitude, je pourrai m’asseoir seul à la table de la cuisine pour dîner. Elle me versera un verre de vin rouge, réchauffera les restes du déjeuner, le flanquera dans mon assiette sans m’avoir adressé un seul mot de bienvenue et me dira : Tiens, bouffe ».
L’avocat le conseilla :
- « Tu lui feras observer énergiquement qu’a l’avenir, tu n’admettras plus pareille attitude, ni pareil langage. »
- « Elle me jettera le contenu de l’assiette en pleine figure. »
- « A ce moment tu dégraferas ton ceinturon et tu lui administreras une « volée maison ».
Le bonhomme se redresse, serre la main à l’avocat et s’en va.
Un beau jour, un ami de l’avocat lui fait observer en souriant :
- « Tu emploies de drôles de méthodes pour régler les conflits entre époux. Il parait que Seppi est venu te confier ses déboires. Tout le monde conaissait la façon dont il était traité par son épouse, une brave femme, bonne ménagère, travailleuse, économe, mais combien autoritaire et brutale avec son mari.
Mais il y a quelques semaines, dans la soirée, ce n’était plus les vociférations qu’entendait le voisinage, mais ses plaintes, ses gémissements.
On est aller voir ce qui se passait. L’épouse de Seppi était étendue à plat ventre sur le sol carrelage de la cuisine. A califourchon sur son dos, son mari lui bloquait les bras avec ses genoux. Il lui avait relevé la robe et lui fouettait comme un forcené le derrière avec son ceinturon.
Appelé en hâte, le garde-champêtre, auquel incombe aussi la fonction de police municipale, lui avait enjoint de cesser ses violences.
- « Fous le camp, lui a lancé Seppi, Maître Moser m’a chargé de lui flanquer une correction, je m’exécute. »
Quelques semaines plus tard, en fin de journée, la secrétaire de Maître Moser annonça à son patron que le « Seppi » accompagné d’une dame a prit place dans la salle d’attende et demande à parler à l’avocat.
D’un hilare, il entra dans le cabinet et déposa sur le bureau une bouteille de kirsch, « Sàlbschtbrennt » (distillé maison) précice-t-il. - « Tout marche à merveille comme entre jeunes mariés, ma femme m’a accompagné à ton étude, elle a beaucoup entendu parler de toi et aimerait faire ta connaissance.


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