D’r Làllesepp
On l’appelait « D’r Làllesepp », il habitait avec sa sœur, la « Affehütte » à Altenach. Chaque jeudi, il allait au marché d’Altkirch, les samedis à Dannemarie pour vendre des lacets de souliers et des mèches de lampes à pétrole.
Le sobriquet « Làllesepp » lui fut attribueé à cause de son habileté de pouvoir toucher avec le bout de sa langue le lobe de l’oreille. Incroyable, mais vrai :
- « Gesch m’r à Grosche, wenn is zeig ? ( Tu me donnes un sous si je te le montre ? ).
- Joà ! ». ( Ouai ! ).
Et il s’exécutait.
Il avait aussi un bon appétit et connaissait les maisons où il pouvait se restaurer gratuitement et en partant, il disait d’une voix à demi-ètranglée :
- « S’esch güet gse, am Dunschtig kumm i wieder, adje ! » ( C’était bon, jeudi prochain je reviens, Adieu ! ).
Un soir en rentrant à la maison il eut une faim dévorante. Il chercha dans l’obscurité de la « Affehütte » de quoi manger. Sa sœur déjà couchée lui cria :
- « Lüeg, dert steht no Sürkrüt em Kànschterle, de kasch’s Wärme ! » (Regardes, il y a encore de la choucroute dans le buffet, tu peux la réchauffer !).
– « Joà, aber i ess’es kalt ! » (Ouai, mais je la mange froide ! »).
Après un certain temps :
- « S’esch güet gse un’s Fleisch o, wu dà druf s’legt gha hasch ! » ( C’était bon et la viande aussi que tu avait mise ! )
- «Quoi ? Je n’avais moi-même pas de viande ! »
Le lendemain on trouva l’explication. Le chat avait choisi la choucroute encore tiède, comme couche pour mettre au monde des petits et ceux de la progéniture qui n’avaient pas roulé en bas de la gamelle, avaient servi à calmer la faim de Sepp.
- « S’esch güet gse, Joà ! » ( C’était bon ! Quoi ! )


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