S’Schàrstoni
Le tailleur Antoine Winckler, surnommé « D’r Schàrstoni », était vieux garçon et un peu spécial. Pour ne pas se trouver seul durant les veillées d’hiver, il avait toujours des histoires invraisemblables à raconter.
Il avait le temps durant la journée pour les imaginer et les raconter le soir.
Durant quelques temps, sa « Stube », qui lui servait également d’atelier, était remplie tous les soirs par des jeunes et des moins jeunes du quartier.
Toni s’était venté d’entrer en relation avec le diable, le soir.
Etait-ce la superstition ou la curiosité, ou simplement le fait de s’amuser qui attirait tant de monde chez lui ?
Le fond de la pièce était séparé par un rideau et servait à Schàrstoni de chambre à coucher.
C’est derrière ce rideau qu’il dialoguait avec l’au-delà.
« D'r Schrinermarti », un solide gaillard qui exerçait le métier de menuisier ébéniste, était mécontent de la rentrée tardive de ses fils.
Aussi il fit irruption chez Toni pour se rendre compte de ce qui se passait dans la pièce.
Les jeunes étaient tellement fascinés qu’ils ne remarquèrent pas sa présence.
Toni, le tailleur, qui posait des questions au « diable » et gesticulait en même temps derrière le rideau, prenait la voix grave de ce dernier pour la réponse.
Lorsqu’une silhouette se dessina sur le rideau, Schrinermarti s’avança et cogna sur la forme qui devait être la tête du diable.
Schàrstoni passa à quatre pattes sous le rideau se tenant la tête.
Martin disait :
- « So Buàbà ! Jetz esch Firobà ! Ich ha em Teifel à Ohr abgschlage ! » ( Maintenant, les gars, la séance est levée, j’ai fichu une calotte au diable ! )


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