Ursus, le vacher suisse
Une telle histoire n’arriverait plus de nos jours, car les gens n’avaient pas la moindre idée, il y a plus d’un siècle, de la manière dont fonctionnait le télégraphe.
Ursus, un brave et honnête vacher suisse en savait encore moins. Pendant son service dans une ferme du Haut-Sundgau, il s’était fait façonner une paire de belles chaussures du meilleur cuir.
Malheureusement le cordonnier lui prit les mesures trop justes et il ne put les porter, tellement elles lui faisaient mal.
Un peu confus, il se dit :
- « Dunderschiess, dunderschiess. Qu’est-ce que je vais faire de mes belles chaussures ? »
Au bout d’un moment de réflexion, il se réconforta et dit :
- « Et bien, tu as un jeune frère chez nous en Suisse qui peut les porter et tu vas les lui envoyer. C’est facile et rapide avec le télégraphe qui passe là-haut près de la route ! »
Et dictum, factum, le voilà arrivé vers la ligne télégraphique.
Il escalade le poteau et attache les souliers aux fils pour les expédier via Bâle en Suisse.
Une demi-heure après, un vagabond passe par là, aperçoit les chaussures, grimpe sur le poteau, les décroche et attache en contrepartie les siennes, très usées.
Le lendemain, Ursus repasse et voit que les chaussures sont toujours pendues après les fils. Il escalade le poteau et… trouve de vieux savates.
Il réfléchit un instant et tout comptent il dit :
- « Le télégraphe est quand même une chose commode ! Mes souliers son depuis longtemps à la maison et mon père m’a renvoyé ceux de mon frère et il a certainement pensé que je pourrais les faire ressemeler ici et les porter après, car ceux-là sont assez grands ! »


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