L’odeur y était
En automne 1943, l’instituteur allemand, Kurt Thielemann, qui était également « Ortsgruppeleiter » (chef local du partie nazi) de Waldighoffen, demanda aux élèves de collecter, outre de la ferraille, des os et des chiffons, aussi des « Rinderschwanzhaare » (poiles de queue de bovins).
Le petit « Renatus » (en latin « re-né, né une deuxième fois ») à qui ce prénom gênant à consonance français fut attribué par les autorité allemandes, donc (le toujours petit) René Minéry se demandait comment il pourrait satisfaire son maître, bien que n’étant pas fils d’agriculteur.
Il prit de la filasse, la trempa dans le purin et la bouse de vache et présenta, bien enroulé dans du papier journal, sa contribution, le lendemain à l’instituteur.
Celui-ci, pour vérifier l’authenticité, renifla ce « produit brut de la ferme » et avec un grand sourire, il dit aux élèves de la classe :
- « Seht Kinder, dies sind Rinderschwanzhaare ! Von denen müsst ihr mir bringen ! » ( Regardez les enfants ! Ca ce sont des poils de queue de bœuf. C’est de ceux-là qu’il me faut m’apporter ! ).
Les enfants avaient raconté à leurs parents que l’un des leurs avait nargué le maître d’écoles.
Ce dernier, qui prenait ses repas au restaurant « Au Lion d’Or » avait entendu deux hommes parler de cette farce.
Le lendemain, il attendit derrière la porte de la salle de classe et dès que Renatus se présenta, il lui administra une gifle en disant :
- « Hör mal endlich auf mit deinen blöden Neckereien ! ». ( Arrête enfin avec tes farces stupides ! ).


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